Caligari http://caligari.fr Mon, 20 May 2019 13:10:08 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.8.2 90213575 The Silence (2019) de John R. Leonetti http://caligari.fr/2019/05/20/the-silence-2019-de-john-r-leonetti/ http://caligari.fr/2019/05/20/the-silence-2019-de-john-r-leonetti/#respond Mon, 20 May 2019 13:08:29 +0000 http://caligari.fr/?p=913 En creusant là où il ne fallait pas creuser, des types délivrent des créatures ailées qu’ils n’auraient pas du délivrer. Aveugles, les espèces de ptérodactyles miniatures attaquent sans merci tout ce qui fait du bruit, et précipitent l’humanité dans le chaos, à l’exception de la famille d’une jeune fille sourde. Car c’est bien connu, les […]

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En creusant là où il ne fallait pas creuser, des types délivrent des créatures ailées qu’ils n’auraient pas du délivrer. Aveugles, les espèces de ptérodactyles miniatures attaquent sans merci tout ce qui fait du bruit, et précipitent l’humanité dans le chaos, à l’exception de la famille d’une jeune fille sourde. Car c’est bien connu, les sourds ne font pas de bruit.

Le souci avec les films Netflix, c’est qu’ils sont pensés pour les écrans de télé, de tablettes et de smartphones. Ce qui leur donne des allures de téléfilms, même lorsque les moyens sont là et encore plus quand ils n’y sont pas. À ceci s’ajoute un manque cruel d’originalité de nombre de productions, qui aligne les mêmes schémas narratifs et les mêmes amplitudes de personnages pour se baser sur ce qui semble plaire à ses abonnés. Sans oublier qu’il convient de répéter à l’infini les concepts qui marchent le plus. The Silence en est un exemple criant (ah ah ah), en reprenant sans vergogne le principe de Sans un bruit, que je n’ai par ailleurs toujours pas regardé.

Bref, vous aurez sans doute compris où je veux en venir, The Silence n’est vraiment pas terrible. Assez poussif dans sa construction, pas forcément efficace dans sa réalisation, il accumule les scènes convenues les unes après les autres comme dans un exercice d’atelier d’écriture. Et avance dans sa narration comme on se déplace parmi les lianes, à grands coups de coupe-coupe, en se demandant ce qu’on est venu foutre dans cette galère. Certes, c’est toujours amusant de voir des films fauchés essayer de raconter la fin du monde sans avoir les moyens d’aligner plus de dix figurants dans un même plan, mais on se lasse de tout, et The Silence est lassant.

Sur ce, je vous laisse. Chut.

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En eaux troubles (2018) de Jon Turteltaub http://caligari.fr/2019/01/22/en-eaux-troubles-2018-de-jon-turteltaub/ http://caligari.fr/2019/01/22/en-eaux-troubles-2018-de-jon-turteltaub/#respond Tue, 22 Jan 2019 21:21:15 +0000 http://caligari.fr/?p=900 C’est bien connu, si vous allez trop profond dans l’océan, vous allez ramener un mégalodon avec vous. Du coup on se demande vraiment pourquoi Jason Statham et toutes ces autres personnes beaucoup trop belles pour être océanologues sont surpris comme cela. Toujours est-il qu’une fois le mégalodon en liberté, et même dans des eaux territoriales, il […]

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C’est bien connu, si vous allez trop profond dans l’océan, vous allez ramener un mégalodon avec vous. Du coup on se demande vraiment pourquoi Jason Statham et toutes ces autres personnes beaucoup trop belles pour être océanologues sont surpris comme cela. Toujours est-il qu’une fois le mégalodon en liberté, et même dans des eaux territoriales, il va falloir s’en débarrasser. Pour cela, une seule solution : y aller à quatre, et si possible à mains nues.

Bon d’accord je caricature un (tout petit) peu, mais en gros The Meg n’est pas très différent de la cargaison sans fin de films de requins qui pullulent dans les eaux profondes du cinéma d’horreur. Et promis, j’arrête ici la métaphore aquatique. Au moins ce film a le mérite de ne pas chercher à jouer les faux nanars, du type Sharknado, et essaye de nous donner à voir une vraie bonne grosse série B des familles, avec des dialogues à la con et des situations improbables. Pourquoi je dis qu’il essaye, d’ailleurs ? Il y arrive même carrément.

Mais bon, dans la mesure où on n’est pas en Iran, on ne va pas non plus se voiler la face trop longtemps : The Meg est tout de même assez médiocre. Il multiplie les clichés sans fin, aligne des acteurs relativement doués mais perdus dans des personnages stéréotypés au possible, cumule les actes de bravoure et d’héroïsme au kilomètre pour mieux faire résonner les cuivres, et ne sort (presque) jamais des sentiers battus. En même temps, comment le lui reprocher ? Le film veut tellement coller à son genre que prendre des libertés aurait été contre-productif.

J’ai tout de même envie de lui décerner un très bon point pour l’épisode de la plage, dans laquelle il prend des allures décomplexée de Jaws et offre à voir quelques plans et quelques mises en scène réellement bien ficelés et bien tournés. Non pas que la réalisation soit catastrophique, elle est même tout à fait honnête et sait ménager ses effets, mais elle prend quelques petites allures virtuoses à ce moment précis et c’est tout à fait honorable. Pour le reste, le film est à réserver aux amoureux du genre, qui en ont déjà 150 à regarder avant.

Sur ce, je vous laisse.

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Bird Box (2018) de Susanne Bier http://caligari.fr/2019/01/01/bird-box-2018-de-susanne-bier/ http://caligari.fr/2019/01/01/bird-box-2018-de-susanne-bier/#respond Tue, 01 Jan 2019 19:45:39 +0000 http://caligari.fr/?p=889 Alors qu’un drôle de phénomène visuel invisible pousse la quasi-totalité de l’humanité au suicide, quelques survivants parviennent à se réfugier dans une maison et à subsister tant bien que mal jusqu’à ce qu’il ne reste plus, en fin de compte, que Sandra Bullock et deux enfants nés le même jour, contraints de descendre des rapides […]

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Alors qu’un drôle de phénomène visuel invisible pousse la quasi-totalité de l’humanité au suicide, quelques survivants parviennent à se réfugier dans une maison et à subsister tant bien que mal jusqu’à ce qu’il ne reste plus, en fin de compte, que Sandra Bullock et deux enfants nés le même jour, contraints de descendre des rapides avec un bandeau sur les yeux dans l’espoir de rejoindre un incertain havre de paix. Et ça, les amis, ça mériterait en soi d’être une discipline olympique.

Après les torture porn à la con et les films d’épouvante atmosphérique façon James Wan (que j’aime beaucoup), une nouvelle tendance semble se dessiner dans le petit monde du cinéma fantastique en ce moment : les menaces invisibles. Que ce soit avec Sans un bruit, It Follows, sans oublier The End en 2012, un film espagnol qui ne manque pas de similitudes avec Bird Box, dans son traitement visuel des paysages immenses. Enfin, si ma mémoire est bonne.

Alors évidemment, l’avantage des menaces invisibles, c’est que l’on n’a pas besoin d’expliquer les choses. Pas de maison construite par dessus un cimetière malgache ou de poupée possédée par l’esprit de Gengis Khan : juste une bonne grosse menace qui vous tombe dessus et démerde toi avec. Moi ça me va, à vrai dire. Sauf quand c’est juste de la flemmardise du scénariste, ou du foutage de gueule façon Lost, mais Bird Box est suffisamment riche pour ne pas donner cette impression.

Il est même tellement riche qu’il laisse par contre un petit peu perplexe. Donc, des espèces de créatures invisibles donnent envie de se suicider aux personnes qui tournent la tête dans leur direction, en leur montrant « leurs pires craintes », comme le rapporte un personnage. Sauf que bon, en quoi les pires craintes de quelqu’un doivent-elles nécessairement lui donner envie de se suicider dans la seconde qui suit ?

D’autant que les pires craintes en question semblent bel et bien personnalisées. C’est ce que laisse supposer un personnage qui prononce le mot « maman » en regardant l’insoutenable, juste avant de se tuer. Dans ce cas, pourquoi est-ce que les malades mentaux, eux, proclament voir quelque chose de magnifique et s’en réjouissent au point de vouloir contraindre les sains d’esprit à regarder eux aussi ? Tout d’un coup, ceux-là semblent bien voir la même chose…

Ce ne sont pas du tout des incohérences majeures, mais cela instille forcément le doute dans l’esprit du spectateur, et un petit recul qui fait que l’on ne rentre pas totalement dans l’argument présenté par le film. Plutôt que d’opter pour une apocalypse zombie, une grippe aviaire ou une folie meurtrière collective, on choisit une épidémie de suicides. C’est bien trouvé, mais cela s’accompagne d’une explication qui se prend un peu les pieds dans son propre mysticisme. Ça vaut le coup d’être salué : c’est rare de voir des scénaristes se compliquer la tâche au lieu d’aller au plus simple, même si en l’occurrence ils auraient vraiment pu se le permettre.

Sinon ? Bird Box est plein de qualités. Je ne suis pas spécialement fana de sa construction narrative en mode flash-back, qui n’apporte pas grand-chose au récit, mais elle ne le gêne en rien non plus. Le cliché du « groupe de survivants coincés dans une maison qui sont contraints de vivre ensemble » est relativement bien amené, les relations et interactions entre les personnages sont crédibles, quand bien même elles vont un peu vite en besogne. Tout cela, ce sont des choses que l’on se dit après le film : pendant le visionnage, tout passe comme une lettre à la poste.

J’ai l’impression en fait de beaucoup critiquer un film qui ne le mérite pas. On est en face d’une réalisation bien rythmée, et d’un film qui dure tout de même deux heures et évite bien des longueurs pour maintenir l’intérêt du début jusqu’à la fin, y compris dans l’exploration du mystérieux phénomène menaçant. L’ambiance est très réussie, certains moments d’angoisse sont retranscrits avec brio, et le tout est servi par des acteurs talentueux.

Bref, malgré toutes les réserves de principe que j’apporte ici parce que je suis un enculé, je ne peux que recommander Bird Box. C’est vraiment un film qui comporte beaucoup plus de qualités que de défauts, et qui ne trahit pas son potentiel.

Sur ce je vous laisse. Et bonne année !

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The Darkness (2016) de Greg McLean http://caligari.fr/2018/11/17/the-darkness-2016-de-greg-mclean/ http://caligari.fr/2018/11/17/the-darkness-2016-de-greg-mclean/#respond Sat, 17 Nov 2018 19:44:32 +0000 http://caligari.fr/?p=882 Au cours d’un voyage familial classique dans les montagnes du Colorado, le garçon autiste de la famille récupère des pierres indiennes sacrées et les colle dans son sac à dos jusqu’à ce que plein de choses assez désagréables arrivent. Bon, on ne va pas passer trois heures pour rédiger un billet sur un film que […]

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Au cours d’un voyage familial classique dans les montagnes du Colorado, le garçon autiste de la famille récupère des pierres indiennes sacrées et les colle dans son sac à dos jusqu’à ce que plein de choses assez désagréables arrivent.

Bon, on ne va pas passer trois heures pour rédiger un billet sur un film que vous avez déjà vu même si vous ne l’avez jamais vu. Les situations sont convenues, la narration est convenue, la réalisation est convenue, la musique est convenue, rien d’original une seconde dans ce film, rien de flippant non plus. Ce n’est ni original, ni imaginatif. Ce n’est même pas mauvais : c’est insipide.

Je m’interroge juste sur le caractère autistique du garçon, qui semble autiste quand ça l’arrange et dont le film peine vraiment à donner une cohérence à son trouble, mais bon je ne suis pas spécialiste de la question. Et sinon, c’est toujours un peu soulant ces films qui font la leçon aux gens qui ne croient pas au surnaturel tout en débitant des légendes inventées avec trois bouts de ficelle.

Sur ce, je vous laisse.

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Don’t Breathe – La Maison des ténèbres (2016) de Fede Alvarez http://caligari.fr/2018/09/14/dont-breathe-la-maison-des-tenebres-2016-de-fede-alvarez/ http://caligari.fr/2018/09/14/dont-breathe-la-maison-des-tenebres-2016-de-fede-alvarez/#comments Fri, 14 Sep 2018 18:38:30 +0000 http://caligari.fr/?p=875 Trois jeunes gens habitués aux petits larcins décident de frapper un grand coup en cambriolant la maison d’un vétéran de l’armée aveugle plein aux as après avoir obtenu perçu une forte somme d’argent en compensation de la mort accidentelle de son enfant. Et comme ce sont trois jeunes gens dans un film d’horreur, ils vont […]

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Trois jeunes gens habitués aux petits larcins décident de frapper un grand coup en cambriolant la maison d’un vétéran de l’armée aveugle plein aux as après avoir obtenu perçu une forte somme d’argent en compensation de la mort accidentelle de son enfant. Et comme ce sont trois jeunes gens dans un film d’horreur, ils vont évidemment en prendre plein la gueule jusqu’à mourir dans d’atroces souffrances.

Don’t Breathe ne part pas trop mal. Si l’on passe outre les clichés et l’absence totale de profondeur des personnages, ce qui demande un peu d’abnégation tout de même, on est séduit durant les premières minutes par l’esthétique générale du film. Jusqu’à ce que celle-ci s’étire en longueur, à l’image du scénario, et aille chercher tellement du côté de [REC] qu’on se demande une fois encore où est la frontière entre citation, hommage et plagiat. Avec, en prime, de belles couleurs verdâtres qui donnent l’impression d’assister à une version longue du logo de la boîte de production, Ghost House.

Don’t Breathe aurait pu être nerveux s’il ne durait pas si longtemps, aurait pu être intéressant s’il ne s’éparpillait pas dans trop de directions à la fois, aurait pu être prenant s’il ne devenait pas aussi bavard en plein milieu. Machine à tuer aveugle, le vétéran traqueur d’importuns se révèle être une monstrueuse pleureuse qui débite des clichés de personnage méchant à faire pâlir un James Bond. Mention spéciale à la dimension coupablement mécréante du discours : « Il n’est rien qu’un homme ne puisse faire quand il a compris que Dieu n’existe pas ». Vous irez dire ça aux curés pédophiles et aux lapidateurs professionnels.

C’est par ailleurs l’un des gros soucis du film, outre ses longueurs. Les personnages sont emmerdants au possible. Comme souvent, leurs motivations sont survolées à la vitesse du son : Bidule est amoureux de Machine, Machine est avec Connard de service, et Connard de service est un connard de service. Machine veut du fric pour partir loin de sa maman, caricature totale de mère indigne alcoolo, tout en emmenant sa petite soeur, caricature totale de petite fille gentille perdue dans une famille de tarés. Au passage, ceci est censé justifier le fait d’aller cambrioler un vétéran aveugle. Disons-le : les personnages sont tellement creux ou antipathiques qu’on se fout totalement, au bout d’un moment, de leur survie ou non.

Don’t Breathe est au final un film antipathique. Il n’est pas à la hauteur de ses ambitions, et ne tient pas non plus ses promesses. Il ne sait clairement pas sur quel pied danser, et tente de couvrir à grands renforts de scènes chorégraphiées fatigantes et surchargées de ralentis dramatiques l’inanité de son propos comme de son déroulement. À l’exception d’un long plan séquence au début plutôt réussi, seule coquetterie de réalisateur dans un marasme de clichés paludéens, le film est vite emmerdant à regarder et patine dans sa propre narration.

Sur ce, je vous laisse.

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The Cloverfield Paradox (2018) de Julius Onah http://caligari.fr/2018/06/15/the-cloverfield-paradox-2018-de-julius-onah/ http://caligari.fr/2018/06/15/the-cloverfield-paradox-2018-de-julius-onah/#respond Fri, 15 Jun 2018 16:07:27 +0000 http://caligari.fr/?p=863 Envoyés dans l’espace pour tester un bidule-truc-chouette censé fournir de l’énergie illimitée à une planète bleue au bord de l’extinction des feux, une équipe d’astronautes se retrouvent coincés dans une dimension parallèle à la leur et particulièrement retorse au demeurant. Malgré les efforts du destin pour les bousiller les uns après les autres, nos héros […]

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Envoyés dans l’espace pour tester un bidule-truc-chouette censé fournir de l’énergie illimitée à une planète bleue au bord de l’extinction des feux, une équipe d’astronautes se retrouvent coincés dans une dimension parallèle à la leur et particulièrement retorse au demeurant. Malgré les efforts du destin pour les bousiller les uns après les autres, nos héros vont tout faire pour rejoindre leur univers, ignorant que d’étranges catastrophes mettent la Terre à feu et à sang.

J’aime énormément Cloverfied et j’avais adoré 10 Cloverfield Lane, j’avais donc hâte de voir le troisième volet de la série Cloverfield. Une série qui a tout de même le courage de se composer de trois films qui n’ont, dans le fond, pas grand-chose à voir les uns avec les autres : found-footage pour le premier, huis-clos post-apocalyptique pour le second et science-fiction pur jus pour le troisième… Les trois films pourraient parfaitement être indépendants les uns des autres, si ce n’est les méchants monstres que l’on retrouve dans chacun.

Et c’est un peu là justement que le bât blesse pour ce qui concerne The Cloverfield Paradox. Alors que les trois quarts du film se situent dans l’espace et nous racontent une histoire déjantée de dimensions parallèles, avec son équipage classique d’astronautes-fonction pour bien remplir toutes les cases du film de SF réglementaire, il reste un petit quart consacré à ce qu’il se passe sur Terre. Le feu, la destruction et tout le tralala. OK. Mais en fait, on ne voit pas trop l’intérêt de ces scènes. Et la conclusion du film, censée faire le lien, n’y change rien.

Autant la fin de 10 Cloverfield Lane était inattendue, parce que l’on n’avait pas encore saisi que la similarité des titres n’est pas une coïncidence et qu’il s’inscrivait dans l’univers de Cloverfield, autant The Cloverfield Paradox donne l’impression d’un scénario recyclé pour coller à la franchise. Un peu comme ces jeux vidéos 8 bits lambda où les programmeurs se contentaient de changer trois sprites pour en faire une adaptation de Robocop ou Predator. The Cloverfield Paradox aurait pu se suffire à lui-même, s’appeler The Paradox et basta. Il aurait gagné en cohérence.

À part cela, le film se défend, en particulier grâce aux péripéties qu’il met en scène à l’occasion de son argument de départ. En-dehors des histoires de réalité parallèle, il ne brille toutefois pas par son originalité. La réalisation ne manque pas d’inspiration, mais ses personnages comme ses dialogues rappellent les films de SF tels qu’on se les représente depuis Alien. Rien de mauvais, mais rien de profondément original non plus. Et si c’est sympa de regarder des films qui suivent les canons d’un genre qu’on aime, on peut attendre de temps en temps un petit peu plus de créativité. Certainement pas un mauvais film, les amoureux de la SF apprécieront sans doute, mais je ne peux m’empêcher de rester quelque peu sur ma faim. Ça tombe bien : je suis au régime.

Sur ce, je vous laisse.

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Zoombies (2016) de Glenn Miller http://caligari.fr/2018/04/10/zoombies-2016-de-glenn-miller/ http://caligari.fr/2018/04/10/zoombies-2016-de-glenn-miller/#respond Mon, 09 Apr 2018 23:07:42 +0000 http://caligari.fr/?p=847 Dans une réserve naturelle conçue pour conserver les espèces animales en danger d’extinction, un virus indéterminé se propage et transforme les animaux en monstres horribles bien décidés à bouffer les stagiaires et la proprio du lieu. Ce qu’ils arrivent à faire avec aisance, puisque les humains qui leur font face sont cons comme leurs pieds. […]

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Dans une réserve naturelle conçue pour conserver les espèces animales en danger d’extinction, un virus indéterminé se propage et transforme les animaux en monstres horribles bien décidés à bouffer les stagiaires et la proprio du lieu. Ce qu’ils arrivent à faire avec aisance, puisque les humains qui leur font face sont cons comme leurs pieds.

Il y a des films que l’on regarde avec fascination du début à la fin. Des films tellement mauvais que l’on demeure incrédule, en se disant qu’on va forcément finir par se réveiller. Zoombies en fait partie. Avec ses dialogues hallucinants, son absence totale de tenue narrative, ses personnages construits n’importe comment ou ses effets spéciaux à se rouler en boule, cette vague tentative de pomper Jurassic Park jusqu’à la moelle et la police de caractères surprend par sa faculté à repousser les limites du mauvais.

 

Le logo de la réserve naturelle. Bienvenue dans Jurassic Crap !

Le logo de la réserve naturelle. Bienvenue dans Jurassic Crap !

 

Je ne sais même pas quoi dire sur ce film. Une petite fille toute mignonne qui se transforme en Rambo et bousille un koala à coups de battes de base-ball pour enfants ? Ils l’ont fait. Des aigles qui font leur nid, en l’espace de quelques minutes, dans les entrailles de leur victime encore vivante ? Check. Une jeep qui met 10 minutes pour faire 500 mètres ? Des flics qui tentent de se faufiler dans une réserve naturelle par le garage mais ne gardent pas la porte d’entrée ? Des agents de sécurité qui ne s’émeuvent pas d’une alarme parce que, je cite, « le vétérinaire la déclenche tout le temps » ? Oui, tout ça et bien plus encore est dans Zoombies.

 

« They're nesting in me », répète en boucle l'ornithologue, aussi incrédule que le spectateur.

« They’re nesting in me », répète en boucle l’ornithologue, aussi incrédule que le spectateur.

 

Ce machin est certainement l’un des pires que j’ai vu de ma vie. Même en prenant en compte le budget ridicule, même en admettant que le réalisateur ne pouvait pas s’offrir les acteurs du siècle, on ne peut que saluer l’absence totale de logique, d’inventivité ou de talent qui conditionne cette œuvre. C’est réellement remarquable, et c’est un vrai gros tas de merde.

Sur ce, je vous laisse.

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Le Monstre (1955) de Val Guest http://caligari.fr/2018/03/05/monstre-1955-de-val-guest/ http://caligari.fr/2018/03/05/monstre-1955-de-val-guest/#comments Sun, 04 Mar 2018 23:23:45 +0000 http://caligari.fr/?p=840 Lorsque la fusée qu’il a envoyé dans l’espace avec trois astronautes à bord retombe pile en Angleterre, le docteur Bernard Quatermass se dit que tout de même, c’est du bol qu’elle ne soit pas allée se carapater dans les Bahamas. Mais lorsqu’il comprend que le seul survivant de l’équipage est habité par une forme de […]

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Lorsque la fusée qu’il a envoyé dans l’espace avec trois astronautes à bord retombe pile en Angleterre, le docteur Bernard Quatermass se dit que tout de même, c’est du bol qu’elle ne soit pas allée se carapater dans les Bahamas. Mais lorsqu’il comprend que le seul survivant de l’équipage est habité par une forme de vie extraterrestre susceptible de détruire l’humanité toute entière, il se dit probablement en son for intérieur qu’il aurait mieux fait d’étudier la géologie.

Attention, moment d’histoire : The Quatermass Xperiment, sorti en France sous le titre paresseux du Monstre, est tout simplement le premier film de ce qu’il convient d’appeler l’âge d’or de la Hammer. À noter que, taquins, les producteurs ont orthographié Xperiment le mot “experiment” pour mieux faire savoir que le film était réservé à des spectateurs avertis. Ce qui est bon pour les affaires, car un spectateur averti en vaut deux.

Dans le ton, The Quatermass Xperiment est un film de science-fiction de facture assez classique. Un bonhomme habité par une créature de l’espace, on avait déjà vu ça dans La Chose de Howard Hawks. Mais là où la Hammer montre les crocs en même temps que sa différence, c’est en s’autorisant des plans brefs mais rapprochés sur les corps défigurés des victimes du monstre. Rien de choquant aujourd’hui, mais pour l’époque cela faisait frissonner dans les cup of tea.

 

Shocking !

 

Mais l’on retrouve, du moins est-ce ma dilettante opinion, une autre caractéristique de la Hammer dans ce film : l’attention portée aux personnages. À commencer par la titre du film, qui porte le nom du savant plus ou moins fou, passionné de conquête spatiale. Sa personnalité et sa psychologie pèsent sur l’ensemble du film sans nécessiter de grande démonstration d’autorité : il est une figure étrange, à mi-chemin entre empathie et ambition, et les dernières secondes du film sont en ce sens très marquantes.

Quant au personnage d’astronaute possédé par une vilaine créature qui l’oblige à absorber l’énergie vitale des gens, des lions et des cactus, toute sa phase de transformation et sa lutte intérieure entre son humanité et l’hôte qui le dévore est assez fascinante. Encore une fois, proche des profils psychologiques qu’aime à exploiter la Hammer. Le film perd même un peu de son intérêt dans sa dernière partie, quand le monstre n’est plus qu’une sorte de sphincter rampant géant qu’on bousille au 220 volts.

 

I’ve just seen a face.

 

Petite anecdote amusante, que j’ai découvert après avoir regardé le film : le film compte au générique une toute jeune Jane Asher, dans une scène qui n’est pas sans rappeler l’un des moments clés du Frankenstein de James Whale. Qui est Jane Asher, me demanderez-vous ? Une actrice britannique, que les amoureux des Beatles connaissent pour avoir été la première petite amie officielle de Paul McCartney jusqu’en 1968. Après il y a eu Linda et une histoire d’amour de plusieurs décennies jusqu’à ce que le cancer les sépare, mais ça, ça n’a rien à voir du tout avec la Hammer.

Bref, The Quatermass Xperiment vaut déjà pour le petit morceau d’Histoire qu’il représente dans la grande épopée du cinéma de genre, et du cinéma tout court. Mais au-delà de ça, on est en face d’un film de SF qui accuse certes son âge, mais demeure à bien des égards très intéressant à regarder. Ni un chef-d’oeuvre, ni un classique, mais une réalisation que les amateurs du genre apprécieront de visionner, au détour d’une fin de week-end.

Sur ce, je vous laisse.

 

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Conjuring 2 : Le cas Enfield (2016) de James Wan http://caligari.fr/2018/01/12/conjuring-2-cas-enfield-2016-de-james-wan/ http://caligari.fr/2018/01/12/conjuring-2-cas-enfield-2016-de-james-wan/#respond Fri, 12 Jan 2018 20:44:49 +0000 http://caligari.fr/?p=835 Après avoir vécu un épisode de leur carrière de medium plutôt traumatisant dans la maison d’Amityville, les époux Warren partent se détendre à Londres en portant secours à une famille hantée par l’esprit d’un vieil acariâtre qui voudrait bien qu’on le laisse regarder la télé tranquille. James Wan de retour au cinéma d’épouvante, c’est une […]

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Après avoir vécu un épisode de leur carrière de medium plutôt traumatisant dans la maison d’Amityville, les époux Warren partent se détendre à Londres en portant secours à une famille hantée par l’esprit d’un vieil acariâtre qui voudrait bien qu’on le laisse regarder la télé tranquille.

James Wan de retour au cinéma d’épouvante, c’est une bonne nouvelle. Si l’on aime le cinéma d’épouvante de James Wan, évidemment. Pas de grosses surprises dans Conjuring 2 : la grammaire est toujours la même, le dosage aussi, la métrique est idéales et le film est, au final, un vrai plaisir à regarder. Certes, cela se répète, mais on ne peut pas enlever à Wan cette faculté à faire des bons films même dans la répétition, là où des réalisateurs tentant de reprendre les mêmes recettes s’y cassent les dents, comme avec Annabelle ou Sinister.

Mais bon, il faut tout de même regarder le film pour ce qu’il est : une sempiternelle histoire de maison hantée par un esprit ou un autre bidule surnaturel quelconque, capable de faire plein de choses dingues en se nourrissant de la peur ou de la colère des gens qu’il emmerde à longueur de journées. Le jour où un type voudra rédiger un livre sur la cohérence de ces univers, où il suffit de toucher une planche de Ouija pour appeler un démon ou connaître son nom pour le renvoyer en enfer, il aura intérêt à s’approvisionner en aspirine.

Une chose tout de même fort plaisante dans Conjuring 2, son petit twist final où l’on apprend, spoiler alert, que le méchant esprit frappeur était lui-même sous domination démoniaque et commettait ses forfaits malgré lui. Un esprit possédé par un démon, je pense que c’est une première dans un film d’épouvante. Et sincèrement, de la manière dont c’est présenté, c’est tout à fait habile et ne sombre pas dans le ridicule.

Sur ce, je vous laisse.

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Split (2016) de M. Night Shyamalan http://caligari.fr/2017/12/18/split-2016-de-m-night-shyamalan/ http://caligari.fr/2017/12/18/split-2016-de-m-night-shyamalan/#respond Mon, 18 Dec 2017 03:08:14 +0000 http://caligari.fr/?p=831 Trois jeunes filles se font enlever puis séquestrer par un bonhomme atteint d’un vingt-quadruplement de personnalité, ce qui fait tout de même beaucoup pour un seul cerveau. À force de tentatives d’évasions ou de manipulations ratées, la plus solide des trois adolescentes finit par réaliser l’étendue de la menace qui plane au dessus d’elle. Il […]

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Trois jeunes filles se font enlever puis séquestrer par un bonhomme atteint d’un vingt-quadruplement de personnalité, ce qui fait tout de même beaucoup pour un seul cerveau. À force de tentatives d’évasions ou de manipulations ratées, la plus solide des trois adolescentes finit par réaliser l’étendue de la menace qui plane au dessus d’elle.

Il paraît que M. Night Shyamalan est de retour sur le devant de la scène après une traversée du désert qui avait relégué son nom en tout petit sur les affiches. Je n’ai pas trop suivi, j’avoue. Le dernier film que j’avais vu de ce réalisateur était The Village, qui date tout de même de 2004. Pour certains, c’était d’ailleurs celui-ci qui marquait le début de la fin (provisoire) du “nouveau Spielberg” que chacun encensait. Ce qui est étrange à mes yeux, puisque j’ai beaucoup aimé The Village. J’aime bien les utopies en fait, comme The Beach de Danny Boyle. Mais c’est une autre histoire.

Bref, il paraît encore que Split se positionne dans le même monde qu’Incassable, ce film dans lequel Bruce Willis et Samuel L. Jackson jouaient un super-héros et un super-vilain “normaux”. Incassable, que de nombreuses voix encensent fréquemment alors que je l’ai trouvé prétentieux et sans grand intérêt. Mais j’arrête là, sinon on va encore me reprocher de nager à contre-courant, ce qui serait parfaitement idiot puisque les derniers êtres vivant à m’avoir vu nager sont les bactéries qui me tenaient compagnie dans le liquide amniotique.

De toute manière, cette histoire de Split se déroulant dans le monde d’Incassable, c’est la révélation des dernières secondes du film. Vous savez, cette manie de Shyamalan de pousser au twist à tout prix, à tel point que cela relève de la culture du viol. Ce n’est même pas du spoil que je vous fais, la dernière scène en question est totalement détachée du reste du film et pourrait ne pas être là sans que cela change quoi que ce soit. Juste une manière de nous annoncer la suite, prévue pour 2019. Tellement subtil que même un macaque aura compris le message.

Bon, et alors, Split dans tout ça ? On va dire que c’est un bon film. Le jeu sur les multiples personnalités du kidnappeur est bien tourné, quand bien même c’est agaçant de nous en promettre vingt-quatre pour n’en montrer que cinq ou six. Déjà, un type avec six personnalités distinctes, c’est bien. Ce n’était pas nécessaire d’en rajouter sans assumer derrière. Ça me fait penser à Manimal, vous savez la série avec le type censé être capable de se changer en n’importe quel animal et qui, tout au long de la série, se limite la plupart du temps à un aigle ou une panthère. C’est fou ce que je digresse, aujourd’hui.

Donc, pour essayer de revenir à mes moutons, Split est plutôt un bon film. Évidemment bien réalisé, parce que Shymalan sait tenir une caméra, et bien interprété. Pour ce qui est de la construction narrative, entre flash-back et jeu d’allers-retours incessants dans le cabinet de la psy, ça fait tout de même un peu bateau et redondant, mais le film arrive tout de même à maintenir son rythme, à défaut de suspens. Parce que bon, en matière de film haletant pour onychophages amateurs, on a fait mieux. Les quelques pics de tension du film ne suffisent pas à en faire un thriller bondissant. On ne s’ennuie pas, mais on regarde cela bien plus comme un exercice intellectuel.

Et comme souvent avec Shyamalan, on a l’impression au sortir du film d’avoir suivi une histoire pleine de trous. Une fois séparées, deux des trois jeunes filles séquestrées semblent quasiment disparaître de l’intrigue, ne faisant leur apparition que vers la fin, au moment où c’est pratique. Le dénouement lui-même se déroule dans un contexte censé, j’imagine, interpeller le spectateur mais qui le laisse surtout sur une impression de WTF généralisé. Le personnage de la psy lui-même est survolé, et ne pèse guère plus qu’un personnage fonction quand bien même son écriture indique clairement une volonté de lui donner une certaine profondeur. Cela ne nuit jamais à la compréhension du film, mais cela en fait un collage assez bizarre qui pourrait se défendre stylistiquement s’il ne présentait pas toutes les apparences de la maladresse.

Bref, faut-il regarder Split ? Oui, sans doute, disons que le film et son propos sont assez intéressants pour mériter un visionnage. Difficile de nier ses qualités, tout en regrettant qu’il ne soit pas capable d’exploiter toutes ses promesses.

Sur ce, je vous laisse.

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